Saison 2025-2026
Nous avons décidé de confier à Marion Collé, artiste de cirque reconnue, fildefériste, auteure et poétesse, la rédaction de l’éditorial de cette nouvelle
saison.
En 2022, Marion Collé a créé sur la scène d’Agora Traverser les murs opaques, une pièce rare pour cinq interprètes circassiennes travaillant l’aérien (fil, funambule, trapèze ballant). Notamment inspirée par les travaux de Georges Didi-Huberman, elle questionne politiquement et poétiquement l’acte d’écrire et celui de se soulever. Le cirque apparaît alors comme un langage rêvé pour raconter cette envie de lutter contre l’immobilisme et la résignation.
Évoluant régulièrement sur cette ligne de crête, Marion et le collectif Porte 27 font de vrais choix. Entre un hommage à Mahmoud Darwich à l’Institut du monde arabe ou une forme dédiée à la jeunesse dans l’espace public, Marion n’en finit pas de sceller les noces des mots et des corps. Nous avons plus que jamais besoin de ces artistes, de cette radicalité douce, sourde et in fine, puissante, pour tenir à bonne distance tous les obscurantismes, en célébrant le partage, l’altérité, la diversité des formes, et donc celle des valeurs.
« Si le pouvoir rend fort
Alors je veux être faible et m’affaiblir encore
Être fragile et brûler toujours par amour
Être cette petite flamme
Éternelle et désirante
Cette chandelle qui palpite
Ce coeur qui s’agite
Ce chant de souffles mêlés
Qui jamais n’abdique
Ce n’est pas vrai qu’« ils » changeront le monde
La haine est le tombeau du réel
Nous sommes une brèche
Nous sommes un seul et mille gestes
Nous sommes le mouvement
Nous sommes le feu
Nous sommes la puissance du vivant
Nous sommes une danse
Une danse si fragile
Qu’elle donne de l’élan à l’infime
Une danse si intime
Qu’elle seule sait donner de l’espoir
Aux humains qui viennent au jour
Et au jour qui vient demain
Une danse qu’il faut danser jusqu’à la mort
Une danse qui est sûrement notre unique chance
De ressentir la joie
Et d’entrer en résistance. »
Marion Collé
Saison 2024-2025
À ce jour, il est toujours question de partager avec vous et en quelques mots cette nouvelle saison ; vous dire simplement que sa construction fut collective, qu’elle tente toujours de se faire l’écho d’une réelle ouverture au monde, qu’elle prend un vrai/malin plaisir à ne pas opposer les artistes de la région à ceux d’une autre région ou d’un autre pays. Qu’elle souhaite toujours être présente là où tout devient plus fragile, tendu, plus rural « donc moins quelque chose », de regarder notre territoire à travers ses ressources plus que par ses manques ; qu’elle continue de penser que le cirque nous dit bien plus que la simple forme créée.
Ici, l’ambition d’une scène publique affichant le cirque en bandoulière tout en restant attentive aux arts voisins est intacte. Et cette volonté ne reste possible qu’à la faveur des participations de l’État et des collectivités territoriales.
Les engagements des réseaux professionnels, syndicaux, de l’équipe d’Agora et de son conseil d’administration ajoutent à la pérennité d’un écosystème qui, aujourd’hui, pourrait être remis en cause. Mais vous savez cela. Nous ne sommes pas seuls. Cela nous porte et donc un grand merci à toutes et à tous !
La saison qui s’annonce est exigeante, généreuse et festive.
Citons notamment Alice Barraud, la famille Morallès, Viivi Roiha, Philippe Torreton, la Palestinian Circus School, le collectif Petit Travers et le Quatuor Debussy, le Groupe acrobatique de Tanger et Raphaëlle Boitel, Barbara Stiegler et Christophe Pébarthe, Ana Carla Maza, Leïla Martial, Fouad Boussouf, Marilyne Lagrafeuil, David Chiesa, l’Orchestre National de Barbès…
Bienvenue !
Saison 2023-2024
On y retourne, résolument, et avec vous !
Nouvelle saison du PNC de Boulazac Aquitaine, de mémoire la 37ème…
Personne ne pourra venir contester ici la constance d’un engagement fort en faveur d’un réel service public de la culture. Merci aux partenaires institutionnels, scènes et festivals partenaires, artistes, spectateurs, qui par leurs présences, mots et sourires soutiennent cette histoire singulière et volontariste. Olivier Meyrou, cinéaste et acteur important de la scène contemporaine circassienne sera accueilli aux Eyzies en juin prochain avec Huellas, en écho aux journées européennes de l’archéologie.
Récemment, il énonçait que son métier n’était finalement qu’un prétexte lui permettant de rencontrer des gens et d’échanger. À Ramallah, avec la Palestinian Circus School et Marlène Rubinelli-Giordano ou au coeur de l’hôpital d’Excideuil avec le collectif libanais Kahraba se tissent des liens au long cours. La compagnie marocaine Colokolo viendra (re)créer Chouf le ciel et la danseuse palestinienne Samaa Wakim présentera un solo puissant et solaire. La compagnie 111/Aurélien Bory créera à Palerme invisibili, une pièce majeure sur la question migratoire entre danse, chant, cirque et marionnettes à fil.
Thomas Guérineau se jouera des frontières entre sport, jonglage, France et Mali, en présentant Basketteuses de Bamako.
Cette première liste est belle. Elle dit l’exigence artistique, l’éthique de la relation, les coopérations territoriales, internationales. Vertigineux résumé de ce qui travaille actuellement la scène publique. Complétons-la en évoquant avec gourmandise les venues de Phia Ménard, Dominique Blanc, Mohamed El Khatib, Yann Frisch, Justine Berthillot, Anne Pacéo, Arnaud Saury et bien d’autres.
L’ouverture de saison le 1er septembre avec DROP, spectacle de haute voltige en plein air, viendra également témoigner de notre désir intact d’articuler le spectacle vivant et ce qui se joue en dehors des murs des salles ou de la toile des chapiteaux. Ici, DROP ralliera les mondes du rugby, du cirque, les institutions… en fait, toutes celles et tous ceux qui pensent que ces rassemblements autour de la création artistique ont à voir avec la vie de la cité.
Saison 2022-2023
Bâtir, déconstruire, reconstruire…
La présence au long cours d’artistes qui, avec humour et force ne renoncent à rien, permet à cette saison d’être pleinement engagée et collective.
Elle le fut dès juillet dernier avec la coopération PNC/Mimos. Ainsi, Raphaëlle Boitel et son grand collectif d’acrobates ont investi la cathédrale Saint-Front.
Ici, l’ouverture de saison sera marquée par l’accompagnement de zirka! un spectacle/manifeste unique porté par 12 artistes de cirque réfugiés ukrainiens, soutenu d’emblée par la DRAC Nouvelle-Aquitaine, la Région Nouvelle-Aquitaine, le Conseil Départemental , l’ONDA et la Ville de Boulazac Isle Manoire (merci à eux !).
Suivront sans hiérarchie aucune, la création du cirque Aïtal, de Marion Collé, les concerts de Rodolphe Burger et d’Erik Marchand, de San Salvador, d’Abdullah Miniawy et A Filetta, les chapiteaux de Johann Le Guillerm et du cirque Baraka, l’accueil de Lia Rodrigues, le cabaret écolo-circassien poétique avec Aurélien Barrau ou, dans le cadre des Scènes d’agglo, le grand retour de Didier André et de Jean-Paul Lefeuvre…
La liste est belle. Elle nous offre quelques occasions d’être ensemble, et d’y prendre plaisir.



